RÉSIDENCE
"LA ROCHE D'AJOUX"

(Résidence Autonomie)
Le Bourg, 69790 PROPIÈRES

tél. : 04.74.03.74.00

 

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Un grand projet pour 2014 : " L'école, d'hier à aujourd'hui"

Projet porteur du lien social et du lien intergénérationnel : recueillir la parole, la mémoire, partager l’aujourd’hui et l’autrefois.

ACTEURS DU PROJET : résidents, enfants du RPI (Propières, Saint-Clément-de-Vers) et leurs professeurs, VHB, club de jeux du collège de Monsols, atelier Katy, atelier Encre et Arobase, bibliothèque municipale de Propières, atelier autour des mots (Monique), administrateurs, bénévoles et salariés de l’association. Coordination du projet : Marie-Rose.

Nous remercions très sincèrement La Fondation de France pour son soutien financier, ainsi que Monsieur Bernard Perrut, député.

ACTIONS MISES EN ŒUVRE :
Rencontres : • résidents et écoliers autour du questionnement,
• résidents, écoliers, écrivain public, autour de la mémoire et de la parole,
• résidents et club de jeux du collège de Monsols,
• résidents et anciennes élèves de l'école,
• visite du musée de l’école, à Belleroche avec mise en situation de l’école d’autrefois (marche pour les enfants (6 km), un car pour les résidents, de la lecture, de l’écriture, des jeux et le partage du panier…),
• rédaction d’un recueil,
• porte ouverte sur une exposition.

* * * * *

Samedi 8 novembre 2014 : une belle fin pour le projet "Ecole d'Hier à Aujourd'hui"

150 personnes sont venues contempler dans la salle à manger de la Résidence, toute l'histoire d'une école (panneaux, photos, livres, cahiers et objets désuets entrelaçant les vertiges du temps).

" J'ai cherché la trace de mes anciens pas, ceux de ma jeunesse, que n'avaient pas encore tout à fait recouverts les sables de l'oubli" (Gabriel Chevalier, Chemins de solitude).

Nos rencontres, joyeusement menées, cheminent sur 48 pages d'un recueil, que chacun fût heureux d'y retrouver le produit d'un lien, d'un lieu. De tout temps.

 

Dimanche 12 octobre 2014 : lecture-spectacle "Quelle mémoire d'éléphant"

En première partie, reprise des cinq sketchs des écoliers avec un résident Emile Chanrion « heureux comme un coq en pâte ».

En deuxième partie, Carole Genetier et Emilie Durmarque (comédiennes du CCAB) se sont envolées dans une pléthore de dictons, d’expressions populaires qui fleurissent la langue française, témoins des temps et des modes de vie. Avec « les pieds sur terre », nos aïeux avaient un remarquable sens de la métaphore.

Spectacle passionnant à en « perdre la tramontane » (le nord), il faut parfois « donner sa langue au chat ». Que l’on ait « le bourdon, « le cafard », on en sort « gai comme un pinson ».

 

Jeudis 2 et 9 octobre 2014 : répétitions

Dans la continuité de notre projet et sous le manteau de la cheminée de la résidence, les jeudis 2 et 9 octobre 2014 : préparation de la première partie du spectacle (du dimanche 12/10) avec Carole Genetier (directrice adjointe du Centre Culturel Associatif Beaujolais), quelques résidents et dix enfants du RPI. Mise en saynètes de cinq locutions proverbiales et … jouons avec les animaux.

Le roi du Nil pleure et pleure, malgré toute l’attention que lui porte Odile, il « verse des larmes de crocodile », mais il « est sur les dents », attendant le moment opportun pour croquer Odile et partir tout content.

Belle minette et gros toutou se disputent le tapis près du feu, avec ces deux là, c’est toujours pareil, « ils s’entendent comme chien et chat ».

La cocotte blanche « a la chair de poule » devant les imprudences de sa couvée, méfiez-vous les poussins, « il y a anguille sous roche », le renard n’est pas loin.

Roméo le chimpanzé échafaude une pyramide d’objets pour se hisser jusqu’à sa chérie, « il est malin comme un singe ».

Et Paulo qui tond, frise, rase … des animaux du lundi au samedi, le dimanche du matin au soir « il peigne la girafe ».
Les écoliers « s’en sont donné à cœur joie ». Merlin n’était qu’un simple mortel jusqu’au moment où enchanteur il devint.

 

Ateliers d’écriture -ENCRE et AROBASE- Mme Jallud. Les 24/04, 7/05, 22/05, 4/06 et (24/06 reporté au16/07), dès 15h : 8 à 10 résidents, 2 personnes de la commune, 2 à 3 bénévoles

Souvenirs classés, souvenirs en vrac, les bons, les mauvais, ceux que l’on écrit, ceux que l’on échange et ceux dont on ne parle jamais. « J’ai voulu tout dire pour qu’il ne reste que les secrets », A. Dreyfus

En ce temps là, c’était la guerre, les hommes au front, les hameaux tapis, les villes sous les arceaux des obus, aux yeux de tous le cerne des angoisses, on se souvient mais on esquisse : les vivres et les livres sont rares, les enfants aident à la ferme, l’institutrice est partie entre deux officiers, l’école est fermée. Durant les alertes, à la lueur d’un quinquet, on se réfugie dans les caves aux odeurs de poudre, de moisissure et de fond de barrique.

L’école du devoir, de l’autorité, de la morale, des maximes de raison et de prudence : pour les uns « la communale » ou l’école libre, pour les autres le pensionnat qui se referme, pour des mois voire pour l’année. L’école des préférences avec le regard du maître nuancé de bonté.

Le cartable : « je n’ai plus rien à déballer » dit un résident « puisqu’il est vide ». L’écriture : « j’avais une belle écriture » dit une résidente « et maintenant tintin », « ne t’inquiète pas » lui répond une autre « ça va revenir »...

Les bêtises : « on les faisait faire par les autres », la barotte (brouette) du cantonnier que l’on montait dans le tilleul, le dernier arrivé que l’on envoyait chez l’épicier avec deux sous pour acheter des graines de parapluie, les grenouilles que l’on gonflait à la paille, l’effronté tireur de sonnettes qui perdait le béret et parfois la capeline dans ses galopades de refuge, les boîtes à lettres que l’on remplissait de feuilles de platanes, le hanneton attaché à un fil de pêche que les garçons envoyaient vibrer dans la chevelure des filles…

Les bocaux de gourmandises (réglisses, caramels, guimauves) que l’on lorgnait dans la vitrine du petit casino et qui parfois faisaient notre régal, le dimanche après la messe lorsque nous étions « de bons enfants ».
Sœur Félicie qui assénait des coups de chapelet sur la tête des garçons dissipés.

Des mots, des expressions chahutés d’anecdotes truculentes « …il s’agit de penser ce qu’il paraît vrai, non ce qui fait plaisir ou qui rassure », A. Comte-Sponville

Tout un itinéraire dans la « souvenance »

Vendredi 23 juin 2014 : visite du musée de l’école de Belleroche (42)

9h - 60 élèves du RPI, enseignantes et accompagnateurs, prennent les chemins de traverse pour 4km350 (quelques poses, une petite collation). Les ch’tits ont trachionné plé steumans, les creutons, les tariaux p’arver tan qu’à Belleroche (les petits ont marché en trainant les pieds dans les chemins, les trous d’eau, les fossés pour arriver jusqu’à Belleroche), comme les écoliers d’autrefois.

11h15 - Le car est là : 8 résidents, 2 bénévoles (Marie-Rose et Chantal) s’y installent pour 6 km, la maîtresse de maison suit en voiture. Quel accueil à notre arrivée… tous les écoliers sont là, sous l’ancien préau de l’école. De ce groupe bien ordonné s’élève la chanson « A quoi ressemble ta maison. Et toi dis-moi comment tu vis. Dans quel village, dans quel pays ? Abri de paille ou de béton. A quoi ressemble ta maison »… puis les chants s’égrènent, un par continent, jusqu’à La Seine de Jacques Prévert (la Seine a de la chance. Elle n’a pas de souci. Elle se la coule douce. Le jour comme la nuit…). Dix bénévoles, permanents du musée, nous attendent. Nous les remercions très sincèrement pour leur excellent accueil, nous avons pu partager notre projet culturel, dans une grande sympathie.

12h - Tous les participants s’installent dans la salle municipale pour le repas sorti du panier.

13h - Nous voilà répartis en quatre groupes pour commencer la visite interactive du musée.
- une exposition sur l’appareil photo, son évolution dans le temps .
- le couloir de l’école où les porte-manteaux arborent blouses grises et bérets, sur les étagères des objets insolites, compagnons de la vie à la ferme autrefois : coloure (passoire à lait), coupon (récipient de mesure pour donner du grain aux volailles), cope (faisselle), teupan (pot en terre), crusu (petite lampe à huile), etc…
- la salle de classe aux odeurs de cire et de craie, où trône le fidèle poêle à bois réchauffant l’atmosphère et le beuillon (soupe) de l’écolier, séchant les sabots et les tsasses (chaussettes).
- sur les pupitres, porte-plume en main, nous voici installés pour une page d’écriture dans le respect des pleins et des déliés (la terre, les continents, les océans) avec bon point, image ou bonnet d’âne en conclusion.
- les enfants sortent sur la cour pour jeux et exercices de « bataillons scolaires ». Les adultes se retrouvent dans une salle où un bénévole du musée aborde l’histoire des « bataillons scolaires » (les simples fusils de bois déposés dans un coin de la classe ayant vivement attiré notre attention).
Il faut dire que la défaite sanglante de la France en 1871 et la perte de l’Alsace et de la Lorraine ont engendré un vif sentiment de revanche. Aux initiatives du gouvernement, pour restaurer le potentiel militaire du pays, s’ajoutent de nombreuses initiatives privées dont le but était de ranimer la flamme des bataillons de l’espérance qui avaient vu le jour sous la Révolution. Les « bataillons scolaires » sont institués en France par le décret du 6 juillet 1882 (pour les enfants à partir de 12 ans). Les instituteurs assurent l’instruction et les communes prennent en charge le budget. Ces bataillons commencent à disparaître vers 1892. Gymnastique, tir « scolaire » vont remplacer peu à peu manœuvres et défilés. Puis ce même bénévole nous rappelle le nom des personnalités, les actions et les dates qui ont façonné l’école de 1698 à nos jours.

16h - Résidents, écoliers et leurs accompagnateurs prennent car et voitures pour rentrer sur Propières, la tête pleine de clichés riches et émouvants et de réalités concrètes.


Enfants de grande section de maternelle troussés de blouses grises et de bérets
(RPI Propières-St Clément) et deux résidents de La Roche d’Ajoux.

 

Jeudi 20 juin 2014, 10h : visite de l’école de Propières

La maîtresse de maison, Marie-Rose, Chantal, Monique, conduisent et accompagnent les résidents à l’école communale. Quatre résidents, c’est peu, mais nous gardons intacte leur liberté pour préserver l’élan vers les choses de la vie.
Un couloir, où sont suspendus des cartables colorés (dans le vent de la marque : Hello Kity, Pucca, Super Héros, Dragon Ball…) nous conduit jusqu’à la cour des récréations. Ici, 19 enfants de 3 à 6 ans (quatre sections de maternelle), vivent les délices de la détente (trottinettes, vélos, il y a même un tandem, bac à sable, jeux de cour). Nous laissons ce petit monde et Sandra leur « maîtresse » pour retrouver les élèves de CM1 et CM2 dans leur salle de classe. Leur « maître » Laurent, adepte du tableau numérique interactif (TNI) nous explique ce renouveau pédagogique : un écran blanc tactile est relié à un ordinateur via un câble USB, un vidéoprojecteur se charge de projeter l’écran de l’ordinateur sur le tableau blanc, un stylet (crayon-souris) permet d’intervenir directement sur le tableau, la boîte à outils pour agrandir, changer de couleur, gommer etc. Tout ce qui est écrit est sauvegardé dans un fichier et peut être réutilisé. Nous assistons à un travail de vocabulaire : « le champ lexical » (explication d’un élève : ensemble de mots qui se rapportent tous à la même idée). Sur le tableau 4 sacs, dans chacun des sacs 5 mots : « Observe ces quatre ensembles de mots, pourquoi les a-t-on classés de cette manière ? ». Premier sac : scolaire, maîtresse, éduquer, institutrice, école : une même idée « école ». Suite du travail : classe grammaticale des mots : scolaire (adjectif), maîtresse (nom), éduquer (verbe du 1er groupe) etc. Le champ lexical sert de base de travail pour une production d’écrits, pour une rédaction. Champ lexical suivant : un texte « souligne les mots qui appartiennent au domaine de la forêt » etc. Des écoliers studieux, réactifs et disciplinés, des résidents interloqués, émerveillés.

« Avec le numérique, on n’a pas le cerveau vide, on a le cerveau libre ! », Michel Serres

Il est temps de rejoindre Sandra, son aide territoriale spécialisée et les 4 sections de maternelle. Les enfants sont regroupés sur des petits bancs, ils se présentent (prénom et âge), un peu intimidés par notre présence, certains ont oublié leur âge l’espace d’un instant. Pour Esteban, 2 ans, c’est le 1er jour d’école. Sandra, (avec l’implication des enfants) expose l’enchaînement des activités sur une journée et les divers ateliers, explique les alphas : sujets de caoutchouc en forme de lettre avec lesquels les enfants apprennent à lire. Les enfants montrent la salle réservée à la sieste et aux jeux, les coins de travail (gris pour les grands, rouges pour les moyens), leur travail de l’année sur les 6 continents (animaux et monuments). Puis ils nous ont réservé pour notre départ deux chansons : Charango et Siku (…il était si petit, si petit qu’on eut dit/qu’il avait rétréci/rétréci sous la pluie et le Kangourou (…qu’a cassé son miroir…/il se trouvait tellement moche/ avec sa poche… sur la surface trouble de la mare/il s’est trouvé moins tocard…

Merci à la directrice de l’école, aux enseignants, aux ATSEM, pour l’accueil qu’ils nous ont réservé, pour leur collaboration attentive à notre projet.

« C’est en passant par l’infime qu’on peut se faire une idée du tout », Orhan Pamuck

 

Jeudi 24 avril 2014

Les élèves du RPI et leurs professeurs sont conviés à la résidence pour partager quelques saveurs asiatiques (55 enfants, 7 adultes et 16 résidents), les bénévoles sont là pour appuyer les cuisinières (au menu : nems, salade verte, riz cantonais, gâteau à la noix de coco). Carême a écrit dans son Pâtissier pittoresque : « Lorsqu’il n’y aura plus de cuisine dans le monde, il n’y aura plus…de relations liantes, il n’y aura plus d’unité sociale. »

 

Mercredi 23 avril 2014

Claesse, Florette, Maurine, trois élèves du collège de Monsols, adhérentes à la Junior Association (Ludik School) viennent partager un après-midi jeux avec les résidents. Elles sont accompagnées par Mme Natacha Touchal animatrice à VHB, participent également Marie-Rose et Chantal, deux bénévoles. Tout un coffre de jeux : rolling-ball, bunker-poker, compatibility, lobo77, bamboléo, pique-plume, saperlipapotte… et des jeux de cartes pour le rami (1e édition de ce jeu en 1909). Beaucoup d’échanges entre ces trois sympathiques collégiennes et les résidents, au cours du jeu « SAPERLIPAPOTTE ».
Si vous aviez une baguette magique, que feriez-vous ? (j’enlèverais la misère du monde, je donnerais le sourire, je supprimerais les décibels inutiles…). Si vous étiez un oiseau, le quel seriez-vous ? (une hirondelle parce qu’elle fait le printemps…). Qu’est-ce qui vous rassure ? (la musique, le simple, le vrai…). Des mots habillés d’émotion et d’espoir. Ils se sont promis de se revoir.

Mardi 1er avril 2014 : pose anecdotique à la résidence (tout un chemin de mémoire enraciné dans l’espace et le temps)

Les élèves (des années 1953 à 1959) et leur institutrice (Mademoiselle Millet) sont venues raconter leur vécu, dans ces locaux qui furent jadis leur école.
La salle de restaurant était la classe de Mademoiselle Millet (maternelle, CP, CE1, CE2), la cuisine la classe de Sœur St Antoine (CM1, CM2, classe de fin d’études). Que d’évocations : le coffre à chaussures derrière le bureau de la maîtresse (il faut dire que les bottes avaient remplacé les galoches), le grand placard austère (où s’entassaient les boîtes de jeux, le matériel pour les expériences et toute la cartographie), la cour du nord, la salle de théâtre, le jardin potager, les promenades au talus des pervenches, les lunettes « kaléidoscope » qu’elles achetaient à la kermesse de la Ste Catherine. C’était une période heureuse, simplement perturbée par les effluves du « lait Mendès ». On entrait en classe en chantant « Clair Matin »….
« Le matin tout resplendit, tout chante. La terre rit, le ciel flamboie. Mais pour nous, qu’il tonne, pleuve ou vente. De tout temps, nous chantons notre joie. Car chaque jour est un jour de fête. Dans notre cœur, un soleil luit toujours. Pleine de joie, d’élan et d’amour. Notre chanson s’élève chaque jour… »
Merci à toutes et à Monique qui les a réunies.

25 mars 2014 : rencontre résidents, élèves de CM1et CM2 du RPI accompagnés de leur directrice et d’une enseignante stagiaire

Les échanges naissent après une projection sur l’école d’autrefois (50 questions côté enfants, 15 côté résidents). Ici se lient les XXe et XXIe siècles.
« Nous avons besoin d’une pensée qui relie » (Edgar Morin).
On se questionne : • sur l’école obligatoire, de 7 à 13 ans dès 1881, de 6 à 16 ans de nos jours.
• sur l’école privée et l’école de la République.
• sur l’école des filles et l’école des garçons : « un mur plus haut qu’un élève de CM2 séparait les cours de récréations ». Dans les classes des filles, les planches évoquaient la vie domestique, dans les classes des garçons, il était question de moteurs, de tracteurs, de pinces, de tenailles… Une résidente montre « la marque » qu’elle avait réalisée à l’âge de 10 ans pendant les récréations (marque : lettres de l’alphabet, nom et prénom de l’élève, brodés au point de croix sur un tissu carré).
Les livres sont rares, bien rangés dans une armoire. Le livre de lecture « Tour de la France par deux enfants » reste le livre culte de l’école de la République, diffuseur des valeurs morales et du goût du travail bien fait, durant près de 80 années.
L’enseignement est fragmenté, on parle de cours (élémentaire, moyen, supérieur), de classes, de sections…, des matières enseignées, des évaluations nationales et des épreuves du certificat d’études primaires, avec en images un diplôme de 1927 et quelques épreuves redoutables.
« Qu’ils se fussent souciés de leur tâche, qu’ils l’eussent accomplie et qu’ils s’y fussent appliqués », au barème des évaluations, seriez-vous la première ou le premier du canton ?
Le cheminement des résidents se poursuit, sur un souhait : visiter l’école d’aujourd’hui.

Le 27 février 2014 : repas à thème (résidents et élèves du RPI), puis rencontre (résidents et élèves du CE2 de Saint-Clément).

« Vieux pots, saulces et rosts » des traditions espagnoles et italiennes, 80 personnes ( enfants du RPI Saint-Clément, Propières, enseignants, résidents, bénévoles), de l’agitation, côté papilles, côté cuisine, en salle à manger et au salon. Au menu : paëlla (chorizo, calamars, moules, poulet… enrobés d’une bonne odeur de safran), puis panna-cotta (vanille, framboise). « madame c’était très bon, mais le saucisson ! était un peu fort, madame j’ai bien aimé le riz jaune, madame moi j’ai préféré le dessert…madame, j’aurai voulu manger au salon… » Merci aux cuisinières, aux bénévoles.

Rencontre des résidents avec les élèves du CE2 de Saint-Clément de 14h30 à 16h, dans la continuité du projet « l’école d’hier à aujourd’hui ».

Une table couverte d’erzatz ternis par l’usage et le temps, quelques vieux livres : méthode pratique d’écriture-lecture (programmes officiels du 27 juillet 1882), un petit Larousse illustré de 1913 (cadeau offert au meilleur élève du canton pour le Certificat d’Etude Primaire), des exercices et problèmes de 1925, un recueil de fables de La Fontaine et de morceaux choisis de 1905, l’histoire de France revue en 1930 …etc … et « le nouveau dictionnaire universel de la géographie moderne » édité en 1815. « madame il a presque 200 ans, pourquoi est-il aussi noir sur les côtés » et nous cherchons ensemble dans ce dictionnaire : Propières : bourg de France, département du Rhône (Beaujolais) à 3 lieues ouest de Beaujeu, 7 lieues nord-ouest de Villefranche. Les yeux des enfants s’écarquillent sur l’encrier de porcelaine blanche, la bouteille d’encre Waterman où l’encre s’est figée au cours des ans, la règle et le tampon-buvard du maître (des années vingt), le décimètre, le compas de bois, les cahiers (du jour, du soir, de roulement), les pleins et les déliés…

La conversation s’engage entre les résidents et les écoliers, on parle du cartable d’hier (cartable de cuir marron, ravaudé au fil des ans, car il devait servir à toute la fratrie, cartable coloré d’aujourd’hui, que l’on change souvent, car il se démode (dit une écolière). En arrivant à l’école, pour s’intégrer, il fallait oublier le patois, dit une résidente…un petit doigt se lève « c’est quoi madame le patois » « c’est une chose trop oubliée »: ici, un dialecte franco-provençal « pose moi une question et je te répondrai en patois ». Le dialogue se poursuit sur les jeux de cour, les punitions, la morale qui dirigeait la conduite, l’instruction civique, le respect de la citoyenneté… L’heure tourne et il faut se quitter… peut-être sur cette pensée.

« Mais si tu m’apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée… qu’est-ce que signifie apprivoiser, c’est une chose trop oubliée… ça signifie créer des liens… (A. de Saint-Exupéry, le Petit Prince).

Le 6 février 2014

« …par la poussière de craie et la magie du crayon de bois… école d’antan te revoilà… »

Première rencontre entre les résidents, les enfants de grande section, de CP, de CE1. Les questions sont prêtes de part et d’autre. Tout fuse et s’entrelace (école des filles, école des garçons, le poêle à bois qui réchauffe l’atmosphère et la gamelle d’aluminium, la leçon de choses, le cours d’anglais, les fiches de travail… la plume Sergent Major, le feutre effaceur… Après 1h30 de questionnement, tous les participants ont été invités à partager le goûter d’autrefois : une tranche de pain et une barre de chocolat ; alors une petite fille a levé le doigt en disant : « je veux bien du pain, du chocolat, mais pas du pain et du chocolat ».
à suivre…

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